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Jean de La Fontaine (8 juillet 1621 à Château-Thierry, 13 avril 1695 à Paris) est un poète, fabuliste, moraliste, dramaturge, librettiste et romancier français. Ses Fables de La Fontaine constituent la principale œuvre poétique du classicisme, et l'un des plus grands chefs d'œuvre dUne série de fables est publiée en revue entre 1689 et 1692, qui est rassemblée en 1693 avec des inédites et celles de 1685, dans un ultime recueil, notre actuel livre XII, dédié au duc de Bourgogne, fils aîné du Grand Dauphin et à ce titre héritier présomptif de la Couronne. Entretemps, La Fontaine tombe gravement malade ; on dispose d'un récit de 1718 du Père Pouget, confesseur de La Fontaine, qui assure d'une conversion de La Fontaine lors de cette maladie et d'un reniement public de ses contes devant une délégation de l'Académie. Néanmoins, cet événement ne figure aucunement sur les registres de l'Académie.
La Fontaine est enterré au cimetière du Père-Lachaise, depuis le transfert de sa dépouille en 1817, en même temps que celle de Molière.
Ses Fables constituent la principale œuvre poétique du classicisme, et l'un des plus grands chefs d'œuvre de la littérature française. Le tour de force de La Fontaine est de donner par son travail une haute valeur à un genre qui jusque là n'avait aucune dignité littéraire et était réservé aux exercices scolaires de rhétorique et de latin.
Illustration des Deux pigeons par Gustave Doré.Les Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine (ou plus simplement Les Fables) est une œuvre écrite entre 1668 et 1694. Il s'agit, comme son nom l'indique, d'un recueil de fables écrites en vers, la plupart mettant en scène des animaux anthropomorphes et contenant une morale au début ou à la fin. Ces fables furent écrites dans un but éducatif et étaient adressées au Dauphin.
Le premier recueil des Fables publié correspond aux livres I à VI des éditions actuelles. Il a été publié en 1668, et était dédié au dauphin. La Fontaine insiste sur ses intentions morales : "je me sers d'animaux pour instruire les hommes."
Le deuxième recueil des fables correspond aux livres VII à XI des éditions modernes. Il est publié en 1678, et était dédié à Madame de Montespan, la maîtresse du roi.
Le dernier recueil publié correspond au livre XII actuel. Il est publié en 1693, mais daté de 1694. Il est dédié au duc de Bourgogne, le petit-fils du roi.
Travail de réécriture des fables d'Ésope (par exemple La Cigale et la Fourmi), de Phèdre, Abstémius, de Pañchatantra (Pilpay), mais aussi de textes d'Horace, de Tite-Live (« les Membres et l'estomac »), de lettres apocryphes d'Hippocrate (« Démocrite et les Abdéritains »), et de bien d'autres encore, elles constituent une somme de la culture classique latine et grecque, et s'ouvrent même dans le second recueil à la tradition indienne.
Le fabuliste a éclipsé le conteur. La crispation religieuse de la fin du règne de Louis XIV, et plus tard la pudibonderie du XIXe siècle, ont mis dans l'ombre ces contes licencieux dont le défi poétique consiste à jouer de l'implicite pour (ne pas) nommer la sexualité, à « dire sans dire », dans un jeu de dérobade et de provocation reposant sur la complicité du lecteur. La Fontaine a mené simultanément ces deux activités, jusqu'à joindre des contes à l'ultime recueil de fables de 1693 : bien plus qu'un laboratoire de la narration enjouée des Fables, les Contes pourraient bien participer d'une même entreprise, celle d'une narration poétique sous le signe d'une gaieté sans illusions.
Quelques vers de Jean de La Fontaine devenus proverbes
Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. (Le Corbeau et le Renard, l, 2)
La raison du plus fort est toujours la meilleure. (Le Loup et l'Agneau, l, 10)
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. (Le Loup et l'Agneau, l, 10)
Plutôt souffrir que mourir, c'est la devise des hommes. (La Mort et le Bûcheron, l, 16)
Je plie et ne romps pas. (Le Chêne et le Roseau, l, 22)
Il faut autant qu'on peut obliger tout le monde : On a souvent besoin d'un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat, II, 11)
Est bien fou du cerveau qui prétend contenter tout le monde et son père. (Le Meunier, son Fils et l'Âne, III, 1)
Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. (Le Renard et les Raisins, III, 11)
La méfiance est mère de la sûreté. (Le Chat et un vieux Rat, III, 18)
Petit poisson deviendra grand. (Le Petit Poisson et le Pêcheur, V, 3)
Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras. (Le Petit Poisson et le Pêcheur, V, 3)
Le travail est un trésor. (Le Laboureur et ses Enfants, V, 9)
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. (Le Lièvre et la Tortue, VI, 10)
Aide-toi, le Ciel t'aidera. (Le Chartier embourbé, VI, 18)
Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. (Les Animaux malades de la peste, VII, 1)
Tel est pris qui croyait prendre. (Le Rat et l'Huître, VIII, 9)
Amour, Amour, quand tu nous tiens / On peut bien dire: Adieu prudence. (Le Lion amoureux, IV, 1)
Mais les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs... (Discours à M. le duc de La Rochefoucauld, X, 14)
Que de tout inconnu le sage se méfie. (Le Renard, le Loup et le Cheval)
Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours / Qu'on ne l'ait mis par terre (L'Ours et les deux Compagnons, V, 20)
Qu'on me rende impotent, cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme je vive, c'est assez, je suis plus que content. "Ne viens jamais, ô Mort; on t'en dit tout autant." (La Mort et Le Malheureux, I, 15)
Les délicats sont malheureux : rien ne sauroit les satisfaire. (Contre Ceux Qui On Le Goût Difficile, II, 1)
Si Dieu m'avait fait naître propre à tirer marrons du feu, certes marrons verraient beau jeu. (Le Singe et le Chat, IX, 17)
Œuvres
L'Eunuque (1654)
Adonis (1658, publié en 1669)
Les Rieurs du Beau-Richard (1659)
Élégie aux nymphes de Vaux (1660)
Ode au roi (1663)
Contes (1665, 1666, 1671, 1674)
Fables (1668, 1678, 1693)
Les Amours de Psyché et de Cupidon (1669)
Recueil de poésies chrétiennes et diverses (1671)
Poème de la captivité de saint Malc (1673)
Daphné (1674)
Poème du Quinquina (1682)
Ouvrages de prose et de poésie (1685)
Astrée (1691)


