p.celebre (3)

nov.
19

Victor HUGO (1802-1885)

  • Par fatima256 le

Demain, dès l'aube...

Victor HUGO (1802-1885)

(Recueil : Les contemplations)






Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.


Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.



Victor HUGO


nov.
19

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

  • Par fatima256 le

L'albatros

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)


(Recueil : Les fleurs du mal)




Souvent pour s'amuser,les hommes de l'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.


Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !


Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.





sept.
24

Théophile GAUTIER (1811-1877)

  • Par fatima256 le



A de beaux yeux verts



Vous avez un regard singulier et charmant ;

Comme la lune au fond du lac qui la reflète,

Votre prunelle, où brille une humide paillette,

Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;


Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;

Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite,


Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,

Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement.


Mille petits amours, à leur miroir de flamme,

Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,

Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.


Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,

Comme une fleur céleste au calice idéal

Que l'on apercevrait à travers un cristal.




Recueil La Comédie de la mort



Théophile Gautier (wikipedia)


Pierre Jules Théophile Gautier est un poète, romancier, peintre et critique d'art français, né à Tarbes le 30 août 1811[1] et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872 à 61 ans.


Né à Tarbes le 30 août 1811[1], le tout jeune Théophile garde longtemps « le souvenir des montagnes bleues ». Il a trois ans lorsque sa famille s'installe à Paris. Malgré son jeune âge, il éprouve de la nostalgie et s'habitue mal à son nouvel environnement[2]. Lecteur avide, il a cinq ans lorsqu'il commence à lire[2]. Sa grande passion est Robinson Crusoe, qui fait sur lui une vive impression, puis Paul et Virginie ; il rêve de devenir marin, avant de se passionner pour le théâtre, notamment la peinture des décors[2].


En 1820, à l'âge de huit ans, il fait un bref séjour en tant que pensionnaire au lycée Louis-le-Grand. Ses parents doivent l'en retirer au bout d'un trimestre car il y dépérit[2]. Plus heureux comme « externe libre » au collège Charlemagne, Gautier y rencontre le jeune Gérard Labrunie (le futur Nerval) et manifeste un goût particulier pour les poètes latins dits décadents, les « grotesques » et pour la natation qu'il pratique assidument.


Il est en terminale lorsqu'il commence à fréquenter l'atelier du peintre Louis-Édouard Rioult (1790-1855), rue Saint-Antoine, et découvre à cette occasion qu'il souffre de myopie[2].


Sa rencontre le 27 juin 1829 avec « le maître » Victor Hugo, auquel le présentent Gérard et Petrus Borel précipite sa carrière d'écrivain. Le 25 février 1830, il participe à la bataille d'Hernani, vêtu d'un gilet rouge qui marquera durablement les esprits. Le soir même, il quitte l'atelier de Rioult.


Activité(s):Écrivain, poète, peintre et critique d'art

Naissance:30 août 1811

Tarbes

Décès:23 octobre 1872

Neuilly-sur-Seine

Mouvement(s):Romantisme, Parnasse

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